Il est 7h du matin lorsque j’atteins Rurrenabaque, un village aux portes de l’Amazonie Bolivienne.
Je remercie le ciel d’être toujours en vie suite au périlleux trajet de bus que je viens d’expérimenter pour venir jusqu’ici…


Je déniche une petite boulangerie française à mon arrivée. Il n’y a rien de mieux qu’un bon chocolat chaud et des viennoiseries pour me remettre de mes émotions.



Je profite de la journée pour booker mon tour dans la jungle et acheter le minimum vital : un poncho, de l’anti-moustique, du papier toilette et des gâteaux avant d’aller me reposer dans ma chambre d’hôtel.
Il est 9h lorsque je me présente dans l’agence Escorpion le lendemain matin. Je fais connaissance avec le guide Nacho, le cuisinier de l’expédition et rencontre le reste du groupe : Lucas et Anthony, deux frères français et Andrea, une péruvienne qui semble voyager avec eux.
Après un rapide briefing de Nacho, nous enfilons nos sacs, nos bottes et nos blouses et prenons le bateau.
Nous apercevons un porc sauvage traverser la rivière pendant le trajet. Le cuisto prend un air grave et lance au guide “On fait quoi ?”
Je pensais naïvement qu’il souhaitait aider l’animal en difficulté et le déposer sur la rive mais Anthony m’explique amusé que le cuisto avait plutôt l’air de dire “Est-ce qu’on s’arrête pour le prendre et le bouffer ce midi ?” Ah oui d’accord… Y’a une légère différence quand même !
Nous atteignons notre campement dans la jungle après trois heures de bateau. Nous déposons nos sacs dans les dortoirs et passons à table.
Il est 14h lorsque nous suivons notre guide pour une sympathique balade digestive dans la forêt Amazonienne. Nacho nous explique les vertus médicinales de la faune et de la flore qui nous entoure. Ce guide est un véritable puit de connaissance, une encyclopédie sur pattes.


Il nous met en garde contre les fourmis. Apparemment, la plupart des espèces présentes dans cette partie de l’Amazonie sont toxiques pour l’être humain.
Il est 17h lorsque nous regagnons le campement. J’en profite pour faire plus ample connaissance avec le reste du groupe en attendant patiemment le dîner.
Après le repas, nous repartons en expédition dans la jungle pour une balade nocturne. Nous avançons à tâtons dans la forêt guidés par les cris étouffés des animaux.
Nous avons l’immense bonheur d’apercevoir une énorme tarentule sortir de son terrier. Malheureusement, elle s’est aussitôt planquée en entendant le bruit de nos pas se rapprocher.
Je me sens dans mon élément. Ça me rappelle nos balades nocturnes dans la forêt de Compiègne avec ma belle mère et mon frère quand on était petit…
Nous nous enfonçons dans les bois et nous arrêtons net suite au retentissement d’un rugissement animal. Nacho projette immédiatement la lumière de sa lampe torche en direction des arbres. Nos yeux s’écarquillent en découvrant un bébé ocelot (chat sauvage appartenant à la famille des jaguars) perché sur une branche à une dizaine de mètres du sol.
Il nous explique que sa mère a sûrement dû le déposer dans l’arbre pour le protéger des prédateurs avant d’aller chasser. Ce dernier aurait poussé un cri d’alerte en nous voyant nous approcher.
Nous regagnons le campement éreintés mais complètement émerveillés par ce premier jour en Amazonie qui nous a réservé bien des surprises…
Il est 10h lorsque nous partons à nouveau dans la jungle le lendemain matin. Les bruits se font plus rares mais nous avons néanmoins la chance d’apercevoir quelques singes sauter de liane en liane.
Nous nous essayons à la pêche sur le chemin retour. Je place un bout de viande sur mon hameçon et le jette à l’eau. Il ne faut pas longtemps pour qu’un poisson ne morde à l’appas ! Je tire sur le fil et découvre un poisson chat au bout de la ligne. Nacho me demande si je souhaite le manger à midi mais je décide de le rejeter à l’eau…


Il est 14h lorsque nous quittons le campement. Ce soir, nous allons dormir dans la forêt. Nous attrapons nos sacs et enfilons nos bottes avant de nous enfoncer dans la jungle.
Le trek pour arriver jusqu’au campement est magnifique. Jamais je n’avais vu une nature aussi luxuriante…



Il est 18h lorsque nous atteignons la base. Nous passons une agréable soirée autour d’un feu et nous contons des histoires avant d’aller nous coucher.




Le lendemain matin, Nacho nous emmène dans la forêt pour confectionner des costumes aborigènes.
Nous ramassons des lianes, des feuilles et une plante qui a la particularité de produire un liquide couleur lie de vin quand on extraie son jus.
Nacho prend plaisir à nous peinturer le visage. Nous enfilons nos tenues d’Adam et Ève et nous prêtons à une amusante séance photo.






Il est 11h lorsque nous quittons la base pour regagner le campement principal. Sur le trajet, Nacho ne cesse de nous fasciner en nous enseignant quelques règles de survie et notamment comment trouver de l’eau potable dans la jungle.



Nous atteignons le campement juste à temps pour le déjeuner. Après le repas, Nacho nous propose un atelier confection de bijoux. Nous élaborons une bague à partir de mini noix de coco et un collier en graines de huayruro.
Il est 7h le lendemain quand nous quittons la jungle pour nous rendre dans la pampa amazonienne en bateau.
Le trajet sur l’eau pour rejoindre notre nouveau campement prend des allures de safari ! Nous croisons un tas d’animaux : des caïmans, des alligators, des singes écureuil, des hérons, des capybaras ou encore des dauphins roses…















Nous passons le reste de l’après-midi à nous relaxer dans les hamacs avant d’assister à un magnifique coucher de soleil sur l’amazone…



Il est 9h lorsqu’on part à la recherche de l’anaconda le jour suivant. Nous nous enfonçons dans les hautes herbes et ratissons chaque mètre carré du marais en espérant y débusquer l’animal.


Je commence à perdre espoir et à baisser les bras au bout d’une heure. Je ne sais ni où chercher ni à quoi m’attendre et de toute manière, je n’ose même pas imaginer ma réaction si je me retrouve seule face au prédateur !
Nacho nous fait signe de nous approcher quelques instants plus tard. Apparemment, le guide d’un autre groupe est parvenu à en capturer un.
J’accours retrouver Nacho et le reste du groupe. Je découvre stupéfaite le “petit” anaconda de deux mètres fermement retenu prisonnier entre les mains du guide bolivien.



Nous regagnons le campement satisfaits. Nous avalons un copieux déjeuner avant de partir à la pêche aux piranhas.
Nous nous postons sur le bord de la rivière et jetons à l’eau nos appas. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il faut être vif ! Les piranhas sont de vrais voraces. On n’a même pas le temps de tirer sur le fil qu’ils ont déjà dévoré la viande.

Il me faut persévérance et ténacité pour réussir à pêcher mon premier piranha. Une fois hors de l’eau, le carnivore se met à gigoter dans tous les sens au bout de la ligne.
Je me mets à hurler lorsque le poisson se libère de l’hameçon et se met à rebondir sur le sol. Nacho vient à ma rescousse et l’achève d’un coup de couteau.
Malgré mon appréhension, je décide de retenter l’expérience. Nous pêchons une bonne heure. Nous mettons les plus gros piranhas de côté et rejetons à l’eau les plus petits.
Il est 19h30 lorsque nous passons à table et dégustons notre pêche du jour ! Le piranha en sauce est bon mais il n’y a pas grand chose à manger à l’intérieur.

J’ai le malheur de découvrir que j’ai mes règles en me levant le matin suivant ! Mince ça tombe mal, c’est justement aujourd’hui qu’on nage avec les dauphins roses d’Amazonie…
Nacho est catégorique, hors de question que je mette un pied dans l’eau ! Le sang pourrait attirer les alligators et les piranhas. C’est bien trop dangereux.
Je décide néanmoins d’accompagner le groupe et les regarde nager dans les eaux marécageuses depuis le bateau.


Je m’étonne de voir que nous sommes entourés de caïmans et d’alligators et que personne ne s’est encore fait dévorer !
Nacho m’explique que les dauphins d’eau douce sont les rois de la pampa. Même s’ils nagent en retrait, les mammifères font office de bouclier pour l’être humain.
C’est sur cette surprenante baignade en eaux troubles que se termine notre incroyable semaine à jouer les apprentis Indiana Jones au cœur de la forêt Amazonienne !
Demain, je regagnerai La Paz et me dirigerai doucement vers une nouvelle étape de mon voyage : le Pérou !